Histoire et culture

ÉPHÉMÉRIDES

  • 27 April 2017

10 avril 1963 : Duvalier se rendit compte d’un complot fomenté au sein de la hiérarchie militaire. Le colonel Lionel Honorat et le lieutenant-colonel Kern Delince se réfugièrent à l’ambassade du Brésil.

14 Avril 1963 : Duvalier fit mettre Charles Turnier aux arrêts et le fit torturer. Il fut exécuté le lendemain et son cadavre resta exposé pendant une semaine.

15/16 avril 1963 : Des détonations éclatent non loin de chez Barbot. Il se fit conduire en ville et rejoignit officiellement l’opposition pour renverser Duvalier. Notons que Barbot avait été relâché récemment de prison après 16 mois de détention. Duvalier était informé que Clément Barbot était l’homme des Américains. Depuis sa surprenante libération, Barbot affichait un certain mysticisme : il circulait avec une bible, se rendait quotidiennement à l’église du Sacré-Cœur et à la Villa Manrèse, où il pouvait conspirer plus librement.

21 avril 1963 : « Opération Dry Cleaning », un petit avion en provenance de la République dominicaine ne cessait de faire le tour de la ville en lâchant des tracts. Panique du côté du pouvoir qui mobilisa les tontons-macoutes, les VSN, pour ramasser ces feuillets parsemés dans la cour des maisons. Le Champ-de-Mars et le Palais ne furent pas épargnés. Certains arrivaient à prédire que la prochaine fois ces petits engins seraient en mesure de larguer des bombes…

22 avril 1963 : Proclamation officielle du mois de la Reconnaissance nationale jusqu’au 22 mai.
… avril 1963 : Le médecin personnel de Duvalier et président de la Croix-Rouge, le Dr Jacques Fourcand, promit un « Himalaya de cadavres », si le président était attaqué.

24 avril 1963 : Jusqu’à cette date, Duvalier venait de révoquer plus de 70 officiers des FADH. Le même jour, la police se rendit chez François Benoît pour lui demander de rendre son fusil et autres armes. Benoît parvint à s’enfuir de la maison, il se réfugia à l’ambassade dominicaine.

26 avril 1963 : Clément Barbot passait à l’action. La voiture qui emmenait deux des enfants de François Duvalier à l’école, Jean-Claude et Simone, fut mitraillée devant le Collège Bird, à la rue de l’Enterrement. Le chauffeur et les deux gardes du corps des enfants furent tués, et les enfants rapidement trouvèrent refuge à l’intérieur de l’établissement. Il s’agissait aussi, d’après certains, d’un pseudo-attentat sur fond d’enlèvement de ses enfants pour masquer la répression qui allait s’ensuivre.

Lors de la fusillade, des hommes du régime croyaient reconnaître l’officier François Benoît en lieu et place de Clément Barbot – ce dernier venait d’être relâché de prison. Duvalier ordonna l’extermination des Benoît au Bois-Verna. La quasi-totalité de la famille Benoît fut sacrifiée, et leur maison incendiée. Duvalier ordonna d’abattre tout ancien officier, quelle que soit sa nuance épidermique, bien que les cibles réelles étaient les officiers mulâtres. A la fin de la journée, des cadavres d’ex-militaires gisaient partout dans les rues de Port-au-Prince.
Parmi les innombrables victimes du 26 avril 1963, l’une des journées les plus macabres de l’histoire d’Haïti, il y a lieu de signaler la fin tragique d’un homme, d’un bon vivant, selon l’opinion de plus d’un. Un accident, une personne ciblée, un crime odieux et crapuleux : Lionel Fouchard fut, en tout cas, victime de balles assassines sur un mot d’ordre de François Duvalier.

28 avril 1963 : Le nouveau président dominicain, Juan Bosch, prit la parole pour parler de la situation en Haïti et donna des détails sur l’incursion des duvaliéristes dans les locaux de l’ambassade. Tout en exprimant ses regrets au peuple haïtien, il fit positionner des troupes à la frontière. Le conflit ouvert avec Duvalier sera intitulé « la crise haïtiano-dominicaine de 1963-1964 ». L’OEA demanda une réunion d’urgence à Washington. Une station de radio anti-Duvalier débutait des émissions en Créole depuis la République dominicaine.

30 avril 1963 : Une commission d’enquête de l’OEA arriva à Port-au-Prince. Afin d’impressionner ses hôtes, Duvalier fit déverser des milliers de paysans par camions dans les rues de la capitale. Sous peu, il allait aussi confronter le président américain John Fitzgerald Kennedy ; le navire USS Boxer entreprenait des manœuvres non loin de Saint-Marc.

© Jean Ledan fils

Pour la suite des événements…, prière de se procurer de
Jean Ledan fils, L’Histoire d’Haïti – Simples faits, illustré, ISBN # 978-99970-4-421-1, Port-au-Prince, 2015, pp. 246-255.